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Moins, c’est mieux. – L’impact de l’industrie du vêtement sur l’humanité et l’environnement (Partie 1. D’où je suis parti)

Si vous m’aviez connu, il y a trois ou quatre ans, vous n’auriez jamais imaginé que j’aurais écrit un article à ce sujet.

J’ai étudié en commercialisation de la mode et j’ai travaillé en boutique durant plus de 6 ans. Je considérais que de m’acheter un morceau de vêtement par semaine était raisonnable, donc j’en achetais trèèèèèèèèès souvent.  Je crois bien qu’une partie de mon prêt étudiant s’est envolé dans une boutique du Carrefour Laval. J’ai honte d’écrire cela, mais je pense qu’il faut que vous sachiez d’où je viens pour comprendre ou je suis rendu maintenant.

J’avais… environ 26 paires de jeans. Une quinzaine de bottes à talon haut, une dizaine de manteaux…. Sans compter les chandails, les robes, les shorts, les sandales…. Je n’ose même pas y penser.

C’était atroce. À bien y réfléchir, je sais bien pourquoi je faisais cela : je pensais que si je possédais tout ça, je serais reconnu comme quelqu’un qui réussit, comme quelqu’un qui vaut quelque chose. Pourtant, ça ne vaut rien. Moins que rien. Ce n’est qu’artifice et parure. Je souhaitais exister dans le regard des autres pour gagner le peu d’estime que je possédais de moi-même.  Je pensais que de cette façon, je serais accepté partout où j’irais et que bien sûr, j’attirerais l’attention sur moi.

Tout est inter-relié. J’ai commencé à sortir dans les bars très tôt… trop tôt. Les gens autour de moi ont commencé à dire beaucoup de chose, des choses pas mal méchantes, sur ce que je faisais et comment j’étais. J’ai beaucoup, beaucoup pleuré et souffert de tout ça. Je me rappelle que mon amoureux de l’époque était venu me chercher à l’école durant un cours parce que je n’en pouvais plus du tout les regards et les commentaires des autres dans les corridors et dans les classes.

De parler de tout ça me donne une boule dans le ventre. Je souhaite à ma fille de ne jamais se sentir de cette façon.

En plus, j’étais ULTRA superficiel : faux cils, faux ongles, faux cheveux, beaucoup de maquillage et bien sûr, beaucoup de vêtements. Je me faisais détester par beaucoup de personnes. Ils ne me le disaient pas toujours, je le voyais dans leurs yeux et dans leurs mots dits tout bas lorsque je passais  près d’eux.

Disons que je n’ai pas toujours été celle que je suis maintenant.

Tout ça pour dire que ma façon de consommer était liée à cela : je souhaitais me faire accepter, me faire aimer des autres parce que je ne m’aimais pas du tout, au fond. Je travaille encore là-dessus. C’est difficile à défaire et ça part de très loin.

J’ai toujours pensé qui si les autres me trouvaient belle et bien habillée, ils allaient m’aimer plus.

C’est fou et tellement absurde… mais bon, voilà. J’étais jeune et un peu (beaucoup) naïve.

Tout ça, c’était avant. Bien avant que je découvre à quel point l’industrie du vêtement à un impact épouvantable sur notre planète et sur des milliers d’êtres humains, avant que je chemine et que je travaille (énormément, et encore à ce jour) sur mes blessures, avant que je remette en question ma façon de vivre, ma façon de voir la vie. La consommation de biens et de produits, c’est beaucoup plus profond qu’on peut le croire.

Tout ça, ce n’était que le début d’un long parcours.

La suite bientôt xxx

Comments:

  1. Roxanne

    Avr 9, 2019 at 1:44 pm
    Répondre

    Wow, ton article m’a beaucoup touchée.

    • Maryline Paiement

      Avr 10, 2019 at 6:50 am
      Répondre

      Merci beaucoup xxx

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